Ce projet autour de la notion de “frontière”, a été mené avec des enfants du quartier de la Busserine, accompagnés par leur éducatrice, Anne-Marie Tagawa. Il s’est décliné sous forme d’ateliers vidéo, d’écriture et de “cartographies imaginaires”. Ce carnet en est une des traces, parallèlement à l’installation vidéo “un lien qui sépare” réalisée par Pauliina Salminen et présentée au Merlan du 3 au 12 mars 2010.
Cette action s’est inscrite sur plusieurs mois lors de la résidence de Pauliina Salminen au Merlan dans le cadre du dispositif Tremplins piloté par le Centre Social Saint-Gabriel. En partenariat avec l’ADDAP 13, la complicité de Jean-Bernard Thomas et de Bertrand Davenel.
Avec la participation des enfants : Ryad Akrimi, Mohamed Ben Slimane, Abdel Bittalalah, Adel Boulkenafet, Hichem Boulkenafet, Kahina Bouzerara, Pierre Leca, Adam Mecherour, Hanène Mohamed, Farah Zerdoum.
" Dans mon travail artistique, je m’intéresse aux interzones. En employant l’outil vidéo, j’explore les limites entre le film documentaire et les arts plastiques. Souvent, je m’interroge sur des sujets liés aux frontières, qu’elles soient politiques, sociales ou imaginaires... J’aime observer des personnes qui se trouvent dans un entre-deux, d’autres qui décident de franchir une limite, des lieux ou des choses inclassables, des lignes séparatrices qui peuvent devenir flexibles... En me promenant aux alentours du théâtre, j’ai été frappée par la séparation visuelle et concrète entre le centre urbain et les quartiers des habitants, tranchée par la grande route animée. D’où l’envie de poser la question sur cette séparation aux enfants du quartier avoisinant, habitant de “l’autre côté”, pourtant habitués à traverser fréquemment l’avenue. Ainsi est né un projet vidéo, mené sur plusieurs mois, où nous avons réfléchi sur les différentes frontières présentes dans le quotidien de chacun. Accompagnés par leur éducatrice, les enfants m’ont guidée dans leurs lieux de vie et ont partagé avec moi leur vision sur le quartier et ses limites. Parallèlement, nous avons entamé une formation vidéo et un tournage où les enfants eux-mêmes cherchaient à transmettre à l’image leur point de vue et leurs ressentis. Le but étant de rendre visible la présence ou l’absence de frontières séparant les différents lieux, ainsi que celles se trouvant à l’intérieur de chaque espace. "
Pauliina Salminen



