du 07 au 08 novembre 2018

Danse

Écouter Voir

Romain Bertet

Cie L'Oeil Ivre

© Library Of Congress
© Bartosz Łukaszonek
© Alice Cuvelier

Présentation

Romain Bertet - accueilli la saison dernière avec …De là-bas - aime explorer la matière. Dans cette nouvelle création, le son est son médium. « Le son comme matière de l’interprète, le son comme potentiel imaginaire, le son comme expérience du réel. » est la direction que prendra Écouter / Voir.
Sur un plateau pensé comme un grand instrument de musique, Marc Baron, musicien, compositeur et "faiseur de sons" se mêle aux 3 interprètes-danseurs pour faire de la scène un terrain de jeu à la frontière entre concert, chorégraphie de sons et pièce de danse.
Dans Écouter / Voir, le geste se réinvente et donne naissance à des tableaux autant sonores que visuels, autant dansés que graphiques ou cinématographiques.

Dans ce monde de pollution sonore permanente, pouvons-nous encore voir comment nous nous entendons ?

Note d'intention :

Le point de départ, un postulat : il n’y a pas de musique sans son et il n’y a pas de sons sans geste. Poser un micro, ou même tendre l’oreille est déjà un geste. Un geste et un choix.

Le désir de cette recherche vient d’une triple expérience de spectateur. Une expérience picturale : amateur de peinture classique, je me retrouve souvent, en regardant un tableau, face à mon envie de contextualiser très précisément la scène que j’ai devant moi : savoir à quel moment de la journée elle a lieu, à quelle saison, quelles actions ont précédé ou suivi
ce que je vois. J’en viens alors souvent à essayer d’entendre les bruits qui pourraient avoir lieu autour de cette scène, et ainsi à balayer le tableau d’un nouveau regard pour y trouver « ce qui fait son ». En quoi ce que je vois me pousse à entendre ce qui se passe dans la scène peinte ?

Une expérience cinématographique : il me plait, quand je suis dans une salle de cinéma, de prendre le temps de ne pas regarder l’action et de n’être que dans l’écoute des paroles et des sons. Souvent mon imaginaire s’applique, un premier temps, à maintenir le rythme de l’image, l’alternance des champ et des contre-champ, des plans larges ou resserrés. Mais
en tenant cette expérience sur un temps un peu plus long, j’en arrive très souvent à imaginer des plans qui n’ont plus rien de réalistes où les distances entre les personnages deviennent abstraites, où le paysage qui entoure la scène se floute puis se modifie passant au premier plan, où ma vision suit d’une manière organique et très subjective les informations sonores qui me parviennent.

Une expérience musicale : celle que j’ai eu et que j’ai encore en écoutant la musique de Marc Baron. Sa musique est pour moi particulièrement picturale et imagée. Elle se construit par des alternances de paysages parfois très réalistes, sinon proche de la texture et de la matière brute du son. Je suis chaque fois surpris par la capacité de cette musique à me
pousser, sans que je le cherche, à construire des images, à faire renaitre en moi des scènes vécues ou fantasmées, à imaginer l’espace dans lequel l’action pourrait se dérouler et en goûter jusqu’à la lumière. Ce n’est pas une perception permanente, ce sont des images qui apparaissent en fonction de ce que j’entends. Elles proviennent des fois de sons certes
très évocateurs, mais aussi de matières moins définissables qui génèrent des états, des couleurs.

Ce sont ces trois expériences picturale, cinématographique et musciale que je veux aujourd’hui combiner dans une même expérience de spectateur. Il me plairait d’emmener le spectateur naviguer dans un univers où l’écoute et la vue ne sont plus qu’une, où les tableaux sont autant sonores que visuels, autant dansés que cinématographiques, picturaux ou musicaux. Il faudrait pour cela faire vivre des tableaux, faire apparaître des musiques, faire écouter des scènes de la vie quotidienne sans que jamais ne soient délimitées les frontières. Des tableaux où l’écoute livrerait autant d’informations que la vue, où l’organisation des sons serait l’entrée dans l’ image, le tableau, la danse. Il faudrait pour cela que les danseurs soient perçus aussi bien par ce qu’on les voit faire que par ce qu’ils font entendre. Et que l’on puisse tendre l’oreille et accepter d’écouter ce qui se passe devant nous. Avec en toile de fond cette question : qu’est ce qu’on voit du monde quand on l’écoute ? Comment « ce-qui-fait-son » peut-il aussi faire sens ?

Ecoutons voir...

Romain Bertet


Biographie :

Romain Bertet commence la danse à 24 ans, après des études de sociologie, d’histoire et de physique. Il se forme alors à la compagnie Coline à Istres puis au CCN de Rillieux-la-Pape. Il travaille ensuite avec différents chorégraphes et metteurs en scène (Pascal Montrouge, Edmond Russo, Shlomi Tuizer…) avant d’intégrer pendant 4 ans la Compagnie Maguy Marin avec laquelle il tournera dans le monde entier les spectacles May B et Salves. Il continue ensuite sa carrière d’interprète en collaborant avec Alban Richard (Et mon cœur a vu à foison, Nombrer les étoiles), Ambra Senatore (Aringa rossa) et, plus récemment, Georges Appaix (What do you think ? ).
En parallèle, il commence à chorégraphier quelques petites formes : Loue appartement et quelques mètres carrés (pièce pour l’espace public, 2006), Feldspath (2011), Le fond du lac (co-écrite avec l’auteur Samuel Gallet, en 2013).  En 2014, il crée la compagnie L’Œil ivre à Toulon et présente sa première pièce ...de là-bas en avril 2016.
Il a été à l’initiative en 2008 du lieu de création pour jeunes artistes La Ruche à Lyon.
Depuis 2016, il lance et aménage un nouveau lieu de création pour danseurs, performeurs, comédiens et plasticiens à Toulon, Le Volatil qui a ouvert en septembre 2017. Romain a également participé au groupement d’artistes L’Utopie joyeuse avec des chorégraphes implantés dans le Var (Régine Chopinot, Sébastien Ly, William Petit, Simonne Rizzo).En 2017 il ouvre Le Volatil à Toulon, fabrique pour danseurs, performeurs, comédiens et plasticiens.

Séances et tarifs

Génerique

Chorégraphie et conception : Romain Bertet • Interprétation : Cécile Loyer, Sonia Delbost Henry, Jérémy Paon •  Composition et interprétation musicale : Marc Baron • Régie son : Marc Baron, Félix Perdreaux • Scénographie : Barbu Bejan, Romain Bertet • Création lumière, régie générale : Charles Périchaud 

production : L’Œil ivre • coproductions : Réseau Traverses / Pôle Arts de la scène / Le Merlan scène nationale de Marseille / KLAP Maison pour la danse - Marseille / CCN de Nantes – direction Ambra SENATORE (soutien à l’émergence) / Théâtre Durance – scène conventionnée des Alpes de Haute Provence à Château-Arnoux / Châteauvallon – scène nationale / Théâtres en Dracénie – scène conventionnée de Draguignan / le 3bisF - lieu d’arts contemporains. • accueils en résidence : La Pratique de Vatan (région centre), Théâtre Durance (Château Arnoux), CCN de Nantes, Le Merlan scène nationale de Marseille (saison 2017/2018), Châteauvallon scène nationale, Le Volatil (Toulon). • avec le soutien de : la DRAC, le conseil régional PACA, le conseil départemental du Var et la ville de Toulon. • avec le soutien du Fonds SACD Musique de Scène. • Pour les saisons 2017/2018, 2018/2019 et 2019/2020, L’Œil ivre bénéficie du soutien du Merlan scène nationale de Marseille dans le cadre de son dispositif La Ruche, cellule d'accompagnement de compagnies émergentes de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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