du 17 au 18 octobre 2018

Théâtre

Happy Birthday Sam !

Alexis Moati

Cie Vol Plané

Inspiré du texte de Quentin Laugier

© Vincent Beaume
© Vincent Beaume

Présentation

Le projet Happy birthday Sam ! cherche à observer la famille comme lieu de construction de l’identité : que fait-on de ce que l’on nous transmet et que nous ne choisissons pas ? Qu’est-ce qui se poursuit à travers nous ? Malgré nous ? 

Trente ans après le film de Sidney Lumet, cinquante ans après mai 68, Alexis Moati s’empare de Running on empty pour interroger les rapports de l’intime au social et au politique. Quels regards, objectifs ou fantasmés, posent les quarantenaires d’aujourd’hui sur leur parents, leursengagements, les événements ? Qu’est-ce que des gens qui ont rêvé de changer le monde ont fait de leurs enfants ? Qu’est-ce que ces enfants font de leurs parents et de leur passé ? Que transmetteront-ils à leur tour ?

À partir du film pris comme objet de citation et de réflexion, Quentin Laugier, distingué en 2016 par Artcéna pour son premier texte, écrit le texte original qui servira de support à la mise en scène. Ce jeune auteur de vingt-sept ans rencontre pleinement le travail de la compagnie, avec une écriture proche du cinéma et de ce que l’on pourrait nommer l’écriture "post-séries", pleine d’humour et de décalage, mêlant grotesque et érudition, intime et politique.

Après avoir expérimenté l‘écriture de plateau, Alexis Moati a ainsi souhaité travailler avec Quentin Laugier pour se confronter à une écriture contemporaine offrant une structure moderne au récit, composée de flash back et de flash forward.

La pièce prendra comme objet d’étude la famille Pope dont il est question dans le film de Lumet. Elle imaginera leur généalogie et tentera de remonter le plus loin possible. Elle englobera ainsi les années de lutte, et plus avant dans le temps, elle ira même jusqu’à nous faire voyager dans leur futur hypothétique.

Note d'intention :

« Le projet Happy Birthday Sam ! a commencé il y a deux ans maintenant. Ma première question a été de dépasser les limites du films autour de 4 thématiques essentielles pour moi (l’héritage, la place de la musique comme personnage, le militantisme, la lutte armée et le bonheur en famille). Parallèlement, j’ai réfléchi à ce que signifiait “partir d’un film comme source“. J’ai fait le choix d’enlever toute image vidéo (directe ou différée) et d’utiliser uniquement le théâtre. C’est la mise en scène qui doit rappeler la forme filmique. C’est le point de vue du spectateur qui va en créer le cadre.

L’espace que j’ai choisi est un huis clos, une maison sans les murs, un décor de cinéma ; cette maison ouverte aux quatre vents évoluera, bougera, comme un décor de cinéma dont les cloisons sont sur des rails. Un seul lieu mais qui aura une vie propre, qui bougera comme si le personnage principal était la maison, image de ce qui pourrait faire foyer. Tout devra ce passer à l’intérieur ou aux abords de celle-ci. Elle traversera les époques, sera La maison, la famille, son essence.

Si le cinéma est d’abord un cadre, que se passe-t-il en dehors de celui-ci ? Le hors-champ sera traité. Je souhaite jouer sur ce que le spectateur va voir et aussi sur ce qu’il ne verra pas, et qu’il devra recomposer ; ce qu’il entendra et n’entendra pas. Dans cette maison, tout n’est pas à vue du public, il y a des murs derrière lesquels on peut voir par la grâce d’une fenêtre ou d’une porte ouverte. La famille qui y habite n’a pas d’intimité, tous les personnages peuvent entendre ce qui s’y passe. Les cloisons sont tellement fines que les enfants entendent les parents parler.
Quand je travaille sur une scénographie avec Thibault Vancraenenbroeck, nous réfléchissons d’abord sur le type de rapport au public que je cherche. Ici je voudrais que le public soit près de l’action, qu’il soit presque dans la maison. Je voudrais que chaque spectateur puisse choisir ce qu’il va regarder. Je voudrais que le dispositif scénique rappelle un plateau de tournage, que la lumière également soit une lumière cinéma.

À l’inverse des autres projets de la compagnie, un personnage que l’on verra enfant adolescent et adulte sera joué par trois acteurs différents. La direction d’acteur sera orientée vers un jeu cinéma, c’est-à-dire réaliste. Le texte de Quentin Laugier est construit comme une symphonie avec ouverture, premier mouvement, deuxième mouvement, troisième mouvement et final. Le travail musical sera cinématographique avec composition de thèmes pour les personnages principaux qui pourront évoluer au fil de la pièce. Cette quête généalogique traversera les époques et le design sonore nous rappellera chaque époque représentée. Je ne peux pas en dire plus pour le moment, je crois que je ne souhaite pas intellectualiser certaines choses qui sont au travail. »

Alexis Moati, octobre 2016.


BIOGRAPHIE :

Après de nombreuses expériences théâtrales comme acteur et metteur en scène, Alexis Moati crée la compagnie Vol Plané avec la volonté de mettre l’acteur au centre des projets et d’affirmer la part d’auteur qu’il peut développer. Les créations revêtent donc à leur démarrage un aspect collectif, et s’ancrent dans un travail d’improvisation important. En plaçant les acteurs dans un dispositif (et non un décor), ils deviennent les constructeurs des univers successifs qu’ils traversent. Comme des enfants qui jouent, ils font évoluer l’espace autour d’eux au gré de leur imaginaire et restituent une vérité loin de toute psychologie. L’engagement physique du corps des interprètes est le point de départ pour travailler les personnages.

A partir de là, et depuis bientôt six ans, la compagnie Vol Plané et le metteur en scène Alexis Moati développent deux principaux axes de travail.

Le premier axe de travail s’est attaché à « ré-activer » des pièces du répertoire classique : en 2008 Le malade imaginaire de Molière, puis L’avare en 2011, sont une affirmation déterminante du rejet de toute illusion et d’une mise en jeu constante de la convention avec les spectateurs. Il revendique un théâtre volontairement pauvre qui donne à l’acteur une place prépondérante, tant dans le processus de création que dans ce qui est à voir au plateau ; la dynamique de jeu est physique, la langue occupe une place centrale, elle est action. Co-mis en scène par Alexis Moati et Pierre Laneyrie, ces deux spectacles ont remporté un succès non démenti à ce jour avec près de 500 représentations en France et à l’international dans les pays de langue francophone.

En parallèle, Alexis Moati met en oeuvre un travail d’écriture scénique singulier sur la thématique de la fin de l’enfance, à travers laquelle il pose la question de la transformation, de soi et du monde. Après Peter Pan ou l’enfant qui haïssait les mères, créé au Théâtre du Gymnase en 2010, et Petites Sirènes, créé à l’EDA en 2013, Et le diable vint dans mon coeur, créé à l’Espace des Arts en 2015, est le dernier volet de cette trilogie : l’impossibilité de grandir pour Peter Pan, la quête d’absolu pour Petites Sirènes, l’ouverture sur tous les possibles et la perte de l’innocence pour les adolescents. De 2012 à 2014, des ateliers de recherche et de création avec des adolescents de tous bords ont complètement été intégrés au processus de création. L’enjeu est d’intégrer le matériau de la vie pour faire théâtre.

En février 2016, Le misanthrope ou l’atrabilaire amoureux sera créé au Théâtre National de Marseille La Criée. Construit avec les mêmes contraintes dramaturgiques que les deux précédentes pièces de Molière, cette nouvelle création sera riche également du travail mené depuis 2010 sur ce que grandir veut dire. La Wendy de notre Peter Pan s’est prolongée dans l’histoire de Petites Sirènes, la quête d’idéal d’Alceste participe à l’inspiration de Et le diable vint dans mon cœur… Dans ces trois précédents spectacles, les adolescents se retrouvent à l’orée du monde : au-delà du jeu des apparences sociales et de la dénonciation de l’hypocrisie d’une société, Le misanthrope interroge un trouble plus profond qui pourrait se nommer « sens de la vie ».

Lorsque Vol Plané a décidé de répondre à l’appel à projet pour la Gare Franche, s’est imposée d’emblée la question du rapport au territoire. A l’évidence, ces quartiers sont d’une jeunesse incroyable. Une autre évidence, cette jeunesse est la promesse d’avenir de ces quartiers. En même temps qu’une source d’inquiétude. Or, c’est l’exploration de cet âge là, celui de la sortie de l’enfance, qui intéresse la compagnie. Il y a là un véritable enjeu artistique, éducatif et démocratique. LE GROUPE DES 15 ( classe libre pilote du Conservatoire de Marseille ) est un projet mené par la compagnie Vol Plané de 2015 à 2017 pour la Gare Franche dans les quartiers nord de Marseille. Les 25 jeunes gens qui composent ce groupe sont étroitement associés à la vie de la compagnie en résidence au long cours à la Gare Franche ; ils apprennent le théâtre selon une pédagogie active, font des sorties culturelles, voyagent, et vont à la rencontre du monde et d’eux-même.

 

 

Séances et tarifs

Autour du spectacle

Mercredi 17 octobre 2018

Théâtre

Rencontre à l'issue de la représentation

Génerique

Un projet de la Compagnie Vol Plané • Mise en scène : Alexis Moati • Texte : Quentin Laugier • Avec : Carole Costantini, Pierre Laneyrie, Lucas Lemaire, Chloé Martinon, Alexis Moati, Léopold Moati • Scénographie : Thibaut Vancraenenbroeck • Assistanat à la mise en scène : Thibault Pasquier • Création musicale : Léna Chambouleyron •  Création sonore : Josef Amerveil • Costumes : Aude-Claire Amédéo assistée de Laure Ugheto • Lumières : Pascale Bongiovanni • Régie son : Marie-Pascale Bernard • Régie généraleplateau : Manu Buttner • Régie lumière : Sébastien Sivade • Construction du décor : Atelier de la MCB° Maison de la Culture de Bourges/Scène nationale 

production déléguée : Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône / Cie Vol Plané / • coproduction : La Gare Franche, Maison d’artistes, Théâtre et Curiosités / Le Merlan, Scène nationale de Marseille / Théâtres en Dracénie, Scène conventionnée dès l’enfance et pour la danse, Pôle régional de développement culturel (Draguignan) / MCB° Maison de la Culture de Bourges, Scène nationale / Pôle Arts de la Scène, Friche la Belle de Mai • soutiens : Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques ; D.R.A.C. • Vol Plané est conventionné avec la DRAC PACA et la Ville de Marseille, aidée au fonctionnement par la Région PACA et le département des Bouches-du-Rhône • Alexis Moati a été artiste à l’a(e)ncre, en résidence et associé à la direction artistique de la Gare Franche pour 4 saisons de septembre 2014 à juin 2018 •  À partir de la saison 2018-2019, la Cie Vol Plané intègre la Bande du Merlan / Alexi Moati est artiste associé à l’Espace des Arts, Scène nationale Chalon-sur-Saône

On vous suggère